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EssonneLOI ANTITABAC.
26 % des bars-tabac en détresse
Marine Legrand
mardi 22 avril 2008 | Le Parisien
LP/M.L.ZOOM
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Selon la chambre de commerce de l'Essonne, un gérant sur quatre a perdu plus de 20 % de son chiffre d'affaires. Une situation problématique dans les villages.
DERRIÈRE le comptoir de Jeff, des paquets de cigarettes, une caisse enregistreuse, des bouteilles d'alcool alignées... Mais pas de cendrier sur le zinc. Ni de clients accoudés au bar.
A l'image du gérant du Café de la mairie à Lisses, les buralistes essonniens ont le moral dans les chaussettes et le chiffre d'affaires en berne. Hier, la chambre de commerce et d'industrie (CCI) de l'Essonne a révélé une série de chiffres plutôt inquiétants pour la profession. Selon l'étude de la CCI, 26 % des cafetiers et restaurateurs du département ont perdu au moins 20 % de leurs recettes ; 57 % évaluant leur perte à moins de 10 %.
« On est même contraint de fermer le samedi matin, faute de clients »
« La situation est catastrophique, surtout dans le sud du département », s'alarme le président de la CCI, Gérard Huot, conscient du rôle social que jouent les petits commerces de proximité en zone rurale. « Plusieurs débitants de tabac sont en difficulté à Etampes et dans les environs », confirme Lucien Labouré, président de l'union des buralistes de l'Essonne. A Mespuits, 154 habitants, Danielle Chauvet tient le café de la Grand-Rue. « C'est très difficile depuis le passage de la loi. Notre résultat a baissé d'au moins 20 %. Mais on tient le coup pour l'instant », soupire la gérante.
En cause de ces mauvais résultats, la chute des ventes de cigarettes - moins 4 % au premier trimestre 2008 par rapport à la même période en 2007 -, mais aussi des consommations dans les cafés-tabac et restaurants. « On a toujours des clients, mais ils consomment beaucoup moins qu'avant. Résultat, on est passé de 5 kg de café vendus par jour à 2,5 kg, et de 2 000 € de jeux à gratter vendus par semaine à 600 € ! Maintenant, on est même contraint de fermer le samedi matin, faute de clients », s'insurgent Jeff et Béatrice, gérants du Café de la mairie, à Lisses.
Pour Jeff, la situation économique devient tellement tendue qu'il n'ose plus dire non à un client qui dégaine son briquet : « Difficile de demander à un habitué, qui me prend jusqu'à 300 € de tabac chaque mois, de ranger son paquet et d'aller fumer dehors. S'il s'en va et qu'il ne revient plus, je suis mal... »
Frédéric, un client régulier, reconnaît qu'il consomme moins qu'auparavant : « Je ne peux plus fumer ma clope à l'intérieur, alors je reste moins longtemps et je prends moins de verres au bar. »
Du coup, certains cafetiers essonniens ont décidé d'investir. Exemple avec Gilles, gérant du Rallye du parc à Evry. Il a dû débourser 12 000 € pour couper sa salle de restaurant en deux et aménager une terrasse chauffée couverte
26 % des bars-tabac en détresse
Marine Legrand
mardi 22 avril 2008 | Le Parisien
LP/M.L.ZOOM
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Selon la chambre de commerce de l'Essonne, un gérant sur quatre a perdu plus de 20 % de son chiffre d'affaires. Une situation problématique dans les villages.
DERRIÈRE le comptoir de Jeff, des paquets de cigarettes, une caisse enregistreuse, des bouteilles d'alcool alignées... Mais pas de cendrier sur le zinc. Ni de clients accoudés au bar.
A l'image du gérant du Café de la mairie à Lisses, les buralistes essonniens ont le moral dans les chaussettes et le chiffre d'affaires en berne. Hier, la chambre de commerce et d'industrie (CCI) de l'Essonne a révélé une série de chiffres plutôt inquiétants pour la profession. Selon l'étude de la CCI, 26 % des cafetiers et restaurateurs du département ont perdu au moins 20 % de leurs recettes ; 57 % évaluant leur perte à moins de 10 %.
« On est même contraint de fermer le samedi matin, faute de clients »
« La situation est catastrophique, surtout dans le sud du département », s'alarme le président de la CCI, Gérard Huot, conscient du rôle social que jouent les petits commerces de proximité en zone rurale. « Plusieurs débitants de tabac sont en difficulté à Etampes et dans les environs », confirme Lucien Labouré, président de l'union des buralistes de l'Essonne. A Mespuits, 154 habitants, Danielle Chauvet tient le café de la Grand-Rue. « C'est très difficile depuis le passage de la loi. Notre résultat a baissé d'au moins 20 %. Mais on tient le coup pour l'instant », soupire la gérante.
En cause de ces mauvais résultats, la chute des ventes de cigarettes - moins 4 % au premier trimestre 2008 par rapport à la même période en 2007 -, mais aussi des consommations dans les cafés-tabac et restaurants. « On a toujours des clients, mais ils consomment beaucoup moins qu'avant. Résultat, on est passé de 5 kg de café vendus par jour à 2,5 kg, et de 2 000 € de jeux à gratter vendus par semaine à 600 € ! Maintenant, on est même contraint de fermer le samedi matin, faute de clients », s'insurgent Jeff et Béatrice, gérants du Café de la mairie, à Lisses.
Pour Jeff, la situation économique devient tellement tendue qu'il n'ose plus dire non à un client qui dégaine son briquet : « Difficile de demander à un habitué, qui me prend jusqu'à 300 € de tabac chaque mois, de ranger son paquet et d'aller fumer dehors. S'il s'en va et qu'il ne revient plus, je suis mal... »
Frédéric, un client régulier, reconnaît qu'il consomme moins qu'auparavant : « Je ne peux plus fumer ma clope à l'intérieur, alors je reste moins longtemps et je prends moins de verres au bar. »
Du coup, certains cafetiers essonniens ont décidé d'investir. Exemple avec Gilles, gérant du Rallye du parc à Evry. Il a dû débourser 12 000 € pour couper sa salle de restaurant en deux et aménager une terrasse chauffée couverte

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